Retraites : Édouard Philippe soutiendra « ce qui va dans le sens de plus de travail »

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EXCLUSIF. L’ancien Premier ministre livre au « Point » les conditions dans lesquelles il soutiendra la réforme des retraites, présentée ce mardi.







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© Elodie Gregoire / ÉLODIE GREGOIRE POUR « LE POINT »

Temps de lecture : 3 min

Édouard Philippe s’y connaît en matière de réforme des retraites. En 2019, alors Premier ministre, l’ancien LR, convaincu de la nécessité de travailler plus et plus longtemps, avait réussi à faire inscrire l’âge pivot à 64 ans dans la réforme systémique voulue par Emmanuel Macron. La fameuse mesure paramétrique, forcément impopulaire, avait crispé jusque dans les rangs de la majorité.

On se souvient de la suite. Face à l’opposition de la rue et aux grévistes, l’ex-chef de gouvernement s’était retrouvé à l’hiver 2020 contraint de lâcher du lest sur l’objet du courroux des manifestants. Le texte avait été ensuite adopté par 49.3 en première lecture à l’Assemblée. Le confinement a finalement eu raison du projet de l’exécutif.

À LIRE AUSSIRetraites : le grand jour pour la « mère des réformes » et des bataillesAujourd’hui, le fondateur d’Horizons se réjouit que le chef de l’État ait changé d’avis et proposé dans sa campagne un report de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Il salue ce changement de pied du président, lui qui avait même plaidé, en septembre 2021, pour « 65, 66 ou 67 ans », donnant l’impression de mettre la pression sur le gouvernement.

Équilibre

La réforme est nécessaire et mieux vaut la faire vite que lentement.

Bien que l’exécutif semble avoir revu ses ambitions à la baisse concernant l’âge légal de départ, Édouard Philippe annonce au Point qu’il soutiendra la réforme présentée ce mardi 10 janvier par sa successeure, Élisabeth Borne, à condition qu’elle garantisse le retour à l’équilibre. « Si l’on va vers un système qui équilibre à terme les retraites, qui contient des mesures de justice, très bien. Si la mesure que le gouvernement propose a le même effet sur l’équilibre qu’un report à 65 ans, très bien. Horizons soutiendra tout ce qui va dans le sens de plus de travail pour garantir plus de prospérité et plus de solidarité. La réforme est nécessaire et mieux vaut la faire vite que lentement », réagit-il. Le maire du Havre considère toutefois qu’en s’attaquant à ce sujet plus tôt le gouvernement aurait pu proposer de travailler encore un peu plus longtemps. Les parlementaires de son parti, à l’Assemblée et au Sénat, proposeront des enrichissements au texte.

Instruit par les difficultés, l’élu n’imagine pas que l’adoption de cette réforme soit un long fleuve tranquille. L’épreuve qu’il a traversée et celle qui risque d’advenir lui inspirent une citation du général de Gaulle : « Chaque remous, chaque mouvement suscitent ou réveillent les équipes de la hargne, de la grogne et de la mort. » « C’est assez juste, car chaque réforme est une crise et aucune réforme ne règle la question. Les retraites, c’est une longue et triste crispation nationale. »

L’alpha et l’oméga

L’homme politique préféré des Français revient aussi sur ses déclarations. Il tente de corriger le tir. « Je n’ai jamais dit que je voulais faire la réforme à 67 ans ! Je sais bien que, chez les gens qui sont contre la réforme ou contre moi, il y en a qui ont dit “il déconne complètement, Dédé, il veut faire la réforme à 67 ans”. J’ai simplement énoncé un fait : les autres pays d’Europe, nos voisins comme l’Allemagne ou l’Italie, confrontés aux mêmes problèmes, ont tous choisi d’aller à 65, 66 ou 67 ans, que ce soient des gouvernements de droite ou de gauche. »

À LIRE AUSSIÂge, pension… où la retraite est-elle la meilleure en Europe ? Édouard Philippe prévient toutefois l’exécutif : la réforme des retraites ne doit pas être l’alpha et l’oméga de l’agenda de transformation de l’exécutif. « Il y a mille choses beaucoup plus importantes à faire, qui mériteraient un temps de débat au moins aussi important et une implication intellectuelle et politique aussi soutenue. » Il cite la question du chômage des jeunes, des séniors, et la politique du logement.

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Source: lepoint.fr