La crise énergétique amène plus de touristes dans les centrales EDF

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En 2022, le livre le plus vendu en France n’est ni un Astérix ni un roman de Guillaume Musso. C’est une bande dessinée qui parle essentiellement… d’énergie. Les ventes exceptionnelles du Monde sans fin (Dargaud, 2021), de Christophe Blain et Jean-Marc Jancovici, témoignent de l’intérêt des Français pour ces questions, dont on n’a jamais autant parlé qu’en 2022. Cette curiosité se manifeste également sur le terrain : en cette année de crise énergétique, un nombre croissant de Français ont visité des sites de production d’électricité.

Ainsi, en 2022, EDF a recensé 500 000 visiteurs de ses sites ouverts au public (une centaine), dont 80 000 dans ses centrales nucléaires. Un chiffre en hausse de 28 % par rapport à la moyenne constatée avant la pandémie de Covid-19 (390 000 visiteurs). Quand bien même certains réacteurs sont à l’arrêt, les visites continuent de se succéder, en particulier à Gravelines (Nord), à Flamanville (Manche) et à Civaux (Vienne), les centrales les plus visitées de France. Le dispositif varie d’un site à l’autre, avec des espaces d’expositions, des conférences, des films ou des maquettes, mais aussi des promenades guidées, chaussures de sécurité et casque sur la tête, jusqu’aux salles des machines et simulateurs de pilotage du réacteur.

« Une meilleure image »

Pour EDF, ces visiteurs sont du pain bénit : des occasions en or pour faire la promotion de son modèle, de la sécurité des installations, de ses différents métiers… Un enjeu d’image, mais aussi de ressources humaines, alors que les centrales font face à de lourdes difficultés pour recruter, en particulier des ouvriers et des techniciens qualifiés.

EDF a analysé l’effet de ces visites : les touristes en sortent « avec une meilleure image de l’entreprise », explique Xavier Delerue, responsable du patrimoine chez EDF. Le public est toutefois moins diversifié qu’EDF ne l’espérait : on y trouve avant tout des hommes, CSP+, avec une moyenne d’âge élevée. L’entreprise essaie de cibler davantage les jeunes et tente de faire la promotion de ses visites auprès de l’éducation nationale. Elle a d’ailleurs développé un atelier de deux heures clés en main pour les enseignants.

Bonne santé du tourisme industriel

Ce nouvel intérêt pour les sites EDF témoigne aussi de la bonne santé du tourisme industriel, qui continue, à bas bruit, de se développer. « Aujourd’hui, 3 000 entreprises proposent des visites de leurs sites, contre 2 000 il y a cinq ans : beaucoup de PME, mais de plus en plus de grands groupes », affirme Cécile Pierre, déléguée générale de l’association Entreprise et découverte, qui recense les activités de tourisme industriel en France.

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