L’étonnant couple de châtelains à l’origine du projet contesté par l’ex-préfète d’Indre-et-Loire

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Xavier Aubry et son épouse, Mira Grebenstein, dans le parc du château Louise de La Vallière, à Reugny (Indre-et-Loire), le 9 janvier 2022.

En Touraine, tout le monde reconnaît la Morgan ivoire de Mira Grebenstein. Dès que la jolie voiture aux allures de bolide des années 1930 se gare à Tours, c’est une petite attraction qui attire les curieux. Mira Grebenstein n’est pas juste la conductrice d’une voiture de collection, elle est la nouvelle propriétaire du château Louise de La Vallière, transformé en hôtel de luxe cinq étoiles. « Quand Mira est arrivée, il y a quatre ans, les uns et les autres ont fait des gorges chaudes de cette nouvelle venue. Maintenant, ils lui courent après : une amie vicomtesse me tanne depuis des semaines pour que je la présente et tous rêvent d’être invités dans son bar à champagne ! », raconte Alain Magnan, fin connaisseur de la société tourangelle et ami de l’intéressée avec qui il va chiner le dimanche.

Il faut bien le reconnaître, la nouvelle châtelaine de La Vallière dénote dans le Landerneau tourangeaux, compassé et sans beaucoup de fantaisie. « Je sais ce qu’on dit de moi, la blonde suisse arrivée avec son argent. Je ne suis pas idiote, je sais que, pour les gens, je n’avais pas ma place ici. Mais je cherchais un lieu pour créer un hôtel, et La Vallière s’est imposé à moi », explique Mira Grebenstein, assise dans le bar tamisé de son château, pantalon de tweed impeccable, blonde chevelure hitchcockienne.

Mécène des temps modernes

L’emblème du château, c’est en effet Louise de La Vallière, favorite du roi Louis XIV, qui y vécut les premières années de sa vie. Après trois ans de travaux et une réfection pharaonique, ce bijou, construit par ajouts successifs jusqu’au XIXe siècle, a été inauguré, en octobre, en hôtel grand luxe, dans un décor de Jacques Garcia. Rien n’a été laissé au hasard, le personnel en habits d’époque utilise même des prénoms d’emprunt à la touche Grand Siècle. La maîtresse des lieux, si elle met la main à la pâte et sert parfois au restaurant, signe sa correspondance en la calligraphiant d’un « Favoritement vôtre ».

Aujourd’hui, ce n’est plus la réputation de Mira qui secoue la Touraine, mais plutôt les projets orwelliens de son mari Xavier Aubry, dont la réussite financière a permis de payer les 15 millions d’euros de travaux de restauration du château. En décembre, la presse s’est fait l’écho de l’affaire du limogeage de l’ancienne préfète d’Indre-et-Loire, Marie Lajus. Celle-ci aurait payé son opposition au projet d’incubateur élaboré par Xavier Aubry et soutenu par de nombreux élus du coin. Sous le nom de Da Vinci Labs, ce laboratoire de hautes technologies devrait voir le jour dans deux ans, sous les ors d’un bâtiment futuriste de 4 000 mètres carrés au cœur du domaine de La Vallière…

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