Nouvel appel à la grève pour les salaires chez Decathlon

La même raison avait poussé des salariés de la célèbre entreprise de grande distribution d’articles de sport et de loisirs à observer les deux premières journées de grève de leur histoire, à l’automne 2021. La Confédération française démocratique du travail (CFDT) Decathlon a lancé un nouvel appel à la mobilisation pour le samedi 14 janvier, premier week-end des soldes d’hiver, afin que la hausse du smic du 1er janvier soit répercutée sur l’ensemble des salaires.
Le salaire minimum, qui est indexé sur l’inflation, vient d’augmenter automatiquement de 1,8 % (24 euros net mensuel). Lors des négociations annuelles obligatoires (NAO), qui se sont tenues en décembre 2022, la direction de l’entreprise a proposé une hausse de 24 euros net, mais uniquement pour les salaires en dessous de 2 700 euros brut. Ce qui mécaniquement entraîne un effet de déclassement pour ceux qui sont juste au-dessus de ce seuil : ils se font rattraper par les plus bas salaires. Les NAO se sont donc terminées sur un constat de désaccord.
Dans le même temps, dans un document interne dont Le Monde a eu connaissance, le directeur général délégué de Decathlon, Jean-Marc Lemière, annonçait qu’au vu « des performances économiques et de la stabilité de sa situation financière », il avait été décidé en juin de distribuer 453 millions d’euros de dividendes aux actionnaires, ce qui témoignait « de la bonne santé économique » de l’entreprise.
« Rééquilibrer la balance »
Une différence de traitement inacceptable pour la CFDT, appelant dans un tract à « rééquilibrer la balance ». « On nous a demandé un effort considérable en 2020 et en 2021 pour faire face au Covid-19, dans un contexte de forte baisse des effectifs. On a connu des résultats record, et cela a continué en 2022. On a fait le job, au point de dépasser les objectifs. Et pour ça, on n’a même pas la répercussion de la hausse du smic pour tout le monde et aucune clause de revoyure en 2023 !, déplore Sébastien Chauvin, délégué central CFDT chez Decathlon. Les salariés perdent donc du pouvoir d’achat. »
Le calcul est différent pour la direction de Decathlon, qui estime qu’en cumulé, par des hausses successives, les salaires ont augmenté « de manière significative » sur un an, de 9 % à 9,8 % pour les employés et agents de maîtrise, et jusqu’à 7,4 % pour les cadres. « Mais 75 % des effectifs sont entre le smic et 100 euros au-dessus, donc, quand le smic augmente, cela rehausse ces salaires-là. On a juste maintenu le niveau existant », répond Sébastien Chauvin. Le smic a augmenté de 7,36 % sur un an.
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