Face aux défis du siècle, la réponse est dans la science | EUROtoday

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Avancer, oui, mais à quel prix ? Scientifiques, législateurs et citoyens doivent se mettre autour de la desk pour décider de jusqu’où peut aller la science au nom du progrès.

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« La science prend souvent l’homme de vitesse. […] Plus vite va le monde, plus forte est la tentation de l’inconnu et plus nous devons savoir prendre le temps : le temps de la mesure, le temps de l’échange et de la réflexion, c’est-à-dire le temps de la morale. » Si cette déclaration de François Mitterrand est challenge d’un discours du 2 décembre 1983, à l’event de la mise en place du Comité consultatif nationwide d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé, les interrogations éthiques s’étaient déjà faufilées dans les laboratoires depuis les années 1970. En 1975, Paul Berg, futur Prix Nobel de chimie, organise la conférence d’Asilomar, qui appelle à la mise en place d’un moratoire sur les manipulations génétiques.

Découvrez le programme du sommet Paris-Saclay « Choose Science », organisé les jeudi 29 février et vendredi 1er mars, et inscrivez-vous pour assister aux conférences.

La cartographie du cerveau humain

« Cette décennie a marqué un tournant, rappelle Alexei Grinbaum, physicien, philosophe et président du Comité opérationnel d’éthique du numérique du CEA. La science ne pouvait plus avancer dans sa tour d’ivoire comme elle le faisait un siècle auparavant. Les recherches de la communauté scientifique sont entrées en confrontation avec les valeurs sociétales comme la sécurité. » Depuis, cette rigidity entre progrès scientifiques et réflexions morales a infusé dans tous les champs de la recherche et sera au cœur des débats du Paris-Saclay Summit, un événement qui se tiendra les 29 février et 1er mars.

En vedette, les neurotechnologies fascinent autant qu’elles effraient. « Elles laissent entrevoir des views très enthousiasmantes automobile elles peuvent contribuer à répondre à un énorme besoin, celui de trouver des options aux maladies du cerveau, neurologiques ou psychiatriques, qui représentent un tiers de nos dépenses en santé », rappelle Hervé Chneiweiss, neurologue et président du comité éthique de l’Inserm. Le chercheur, qui viendra parler du Human Brain Project, ce projet européen de cartographie du cerveau humain, en veut pour preuve l’implant développé par le CEA, qui a récemment permis à un affected person paralysé de remarcher par la seule pressure de sa pensée. Abdelmadjid Hihi, docteur en sciences biologiques, viendra également porter, le 1er mars, cette promesse folle de faire remarcher des sufferers tétraplégiques.

Faire bouger les objets par la pensée

Mais consideration, prévient Hervé Chneiweiss, ces avancées prouvent qu’il n’a jamais été aussi necessary d’y adjoindre des considérations éthiques. « En décodant l’activité cérébrale, on entre dans ce qu’il y a de plus intime chez l’humain, nos mécanismes de pensée et nos comportements… Ce n’est pas pour rien que Google et Meta investissent des milliards de {dollars} pour avoir accès à ces informations. On touche ici aux fondements des droits de l’homme. »

Potentielles atteintes à l’identité et à la liberté personnelles, safety des données cérébrales, limites entre réparation et augmentation… Autant de risques identifiés par le directeur de recherche au CNRS et par Nataliya Kosmyna, chercheuse franco-ukrainienne au MIT (Massachusetts Institute of Technology) et docteure en informatique, spécialisée dans les interfaces cerveau-machine. « On ne peut pas faire n’importe quoi avec le cerveau au revenue de la course technologique », prévient celle qui viendra le 1er mars faire une démonstration de son dispositif permettant à une personne, à l’aide d’un easy casque muni d’électrodes, de faire bouger les objets par la pensée. Cette trentenaire s’inquiète que des milliardaires comme Elon Musk, qui a annoncé en février la pose d’une première puce Neuralink dans un cortex, puissent entacher la notion de cette science : « Neuralink est tellement médiatisé que s’il ne respecte pas les normes, c’est toute la recherche qui est tirée vers le bas, du MIT à Stanford en passant par Harvard et les autres… »

De la modification du génome humain à l’eugénisme…

Autre grand sujet où l’éthique se frotte à la science : l’édition génomique, cette method qui permet d’effectuer des modifications génétiques ciblées dans tout kind de cellule. Si des outils existent depuis les années 1980, les ciseaux moléculaires CRISPR-Cas9, très simples d’utilisation et moins coûteux, qui ont valu le prix Nobel de chimie en 2020 à ses créatrices, Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna, ont fait naître autant de promesses dans la communauté scientifique que de craintes au sein du grand public.

« La capacité à fabriquer tout kind de cellule est précieuse tant pour la modélisation cellulaire, c’est-à-dire pour comprendre et tester des médicaments, que pour les thérapies cellulaires qui utilisent les cellules modifiées pour remplacer celles perdues dans la maladie », précise Julia Joung, docteure en biologie au MIT. Dans son laboratoire, cette chercheuse d’origine taïwanaise se plonge dans la modification de chacun des 20 000 gènes du génome humain pour être succesful de fabriquer n’importe quel kind de cellule. « Je partage ces craintes puisque la modification du génome des cellules germinales est permanente et transmise aux générations suivantes. Ça peut conduire à l’eugénisme, en voulant par exemple modifier la couleur de la peau ou des yeux d’une personne… D’autres problèmes éthiques incluent l’utility de l’édition génétique à des fins militaires qui se concentrent sur l’amélioration non thérapeutique, ou encore l’édition d’organismes pouvant entraîner un déséquilibre écologique. » Pour elle, l’necessary est de « communiquer ouvertement avec le public pour informer sur les recherches en cours ». C’est d’ailleurs pour cela qu’elle expliquera, au Paris-Saclay Summit, l’significance de connaître les génomes du vivant. « Les problèmes éthiques doivent toujours être traités parallèlement aux avancées scientifiques à travers un dialogue ouvert afin que nous, chercheurs, ne nous retrouvions jamais sur une pente glissante et perdions la confiance du public. » §

Valérie Pécresse« Redonner du poids à la vérité scientifique »

Le destin de la science et de la société n’ont jamais été aussi liés qu’aujourd’hui. Les progrès en intelligence artificielle ou dans les biotechnologies nous ouvrent des possibilités inégalées de trouver des réponses pour lutter contre le dérèglement climatique ou améliorer notre santé.

Investir massivement dans la recherche n’est pas qu’un choix économique : c’est un acte politique, un engagement envers les générations futures. J’en assume ma half en tant que présidente de la seule métropole globale de l’Union européenne, à la fois capitale politique et culturelle, économique et financière, mais aussi terre d’innovation. En injectant un demi-milliard d’euros par an dans l’écosystème scientifique de ma région, je veux la placer en tête de la course mondiale de l’intelligence artificielle. C’est une query de souveraineté.

Mais n’ignorons pas les enjeux éthiques liés aux progrès scientifiques. La responsabilité de guider nos choix vers le bien commun revient aux chercheurs, mais aussi aux décideurs et aux citoyens.

Je veux renouveler un pacte de confiance avec la science et redonner du poids à la vérité scientifique dans les médias. Car certains parlent de décroissance, d’autres d’antiscience. Je sais aussi que les complotistes et les populistes bâillonnent la parole des chercheurs.

Nous avons souhaité organiser, l’année des Jeux olympiques et paralympiques, la première édition du sommet Choisir la science comme un prélude à l’accueil des investisseurs étrangers par le président de la République à Choose France.

Des grands noms de la science du monde entier, mais aussi des jeunes chercheurs, des entrepreneurs y participeront. Ils aborderont, face à un giant public, tous les progrès et les risques que les avancées scientifiques génèrent. L’intérêt, c’est de parler aussi à la jeunesse. Trop de jeunes sont séduits par les idéologies du déclin ou doutent que la science soit bonne pour l’humanité.

Réfléchir à la science, réfléchir à l’avenir, c’est toute l’ambition de cet événement à Saclay. C’est notre manière d’affirmer : je ne suis pas scientosceptique, je suis scientophile et scientoenthousiaste !

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont su mobiliser les plus grands physiciens autour du projet Manhattan pour maîtriser l’énergie nucléaire. Aujourd’hui, c’est autour d’un projet Saclay que j’appelle la France et ses partenaires à mobiliser toute leur intelligence et leurs moyens financiers pour investir dans les improvements de rupture et donner des options européennes aux grands défis du monde §

François Durovray« La science peut relever les grands défis contemporains »

L‘Essonne est une terre d’excellence où scientifiques et inventeurs façonnent l’avenir depuis des décennies. De René Thom à Alain Aspect, en passant par Pierre-Gilles de Gennes et Wendelin Werner, plusieurs Nobel et médaillés Fields ont marqué notre territoire de leur empreinte. Des moments clés de l’histoire scientifique ont eu lieu ici, comme le calcul de la vitesse de la lumière, à Montlhéry en 1874, et l’établissement des premières cartes du génome humain, à Évry en 1992.

Désormais, l’Essonne est le département le plus dynamique pour les emplois créés dans la R & D, devant Toulouse et Paris. Avec une focus exceptionnelle d’universités, de centres de recherche, de start-up, d’entreprises internationales et de plateformes technologiques de pointe, le plateau de Saclay incarne une synergie uncommon entre l’enseignement supérieur, la recherche et l’industrie. Sa renommée est une locomotive pour le rayonnement de l’Essonne à l’worldwide et constitue un marqueur positif et sturdy pour les habitants. Mais l’Essonne est un département distinctive en France à bien d’autres égards. Elle est le théâtre de nombreuses expérimentations dans tous les domaines de pointe (biotechnologies, transports, énergie, santé, agriculture, aéronautique, numérique, physique, mathématiques, chimie, climat…). Le Genopole, situé à Évry-Courcouronnes, est par exemple le premier écosystème français consacré à la recherche et à l’innovation en génomique et en biotechnologies appliquées à la santé et à l’environnement. Le campus TERATEC, à Bruyères-le-Châtel, est le premier pôle européen entièrement consacré à la simulation numérique et au calcul haute efficiency.

Dans un monde où les crises environnementales, économiques, sociales et diplomatiques s’entrecroisent, où le complotisme et l’obscurantisme cherchent à s’ériger en théories scientifiques, la nécessité de remettre la science au cœur du débat est impérative. Avec Valérie Pécresse et Grégoire de Lasteyrie, nous croyons fermement que la science a la capacité de relever les grands défis contemporains, et que c’est en Essonne que doit se jouer cette aventure. Le Paris-Saclay Summit incarne cette démarche et reflète l’ambition partagée des élus du territoire et de la communauté scientifique de consolider la place de l’Essonne comme épicentre de la recherche scientifique mondiale §

Grégoire de Lasteyrie« Un rendez-vous worldwide de tout premier plan »

La grande aventure de la science a façonné notre humanité depuis les premières fulgurances d’Archimède jusqu’aux révolutions disruptives de ce XXIe siècle, en passant par toutes les avancées conceptuelles et strategies qui ont, depuis le XVIe siècle, changé notre imaginative and prescient du monde.

Que serions-nous aujourd’hui sans ces femmes et hommes qui ont consacré leur vie à la recherche et à l’innovation, bousculant nos croyances et ouvrant la porte à tant de découvertes qui impactent profondément notre quotidien ?

En ces temps où nous distinguons les prémices d’une nouvelle grande percée de l’innovation, en ces temps où nous voyons se profiler de nouveaux univers jusque-là impensables, il est impératif de réfléchir de manière collective au rôle que la science peut et doit jouer pour répondre aux défis de ce siècle.

Ce questionnement fondamental se pose tout particulièrement à Paris-Saclay, notre territoire s’étant imposé en quelques années comme un pôle de référence dans le high 8 mondial des hubs d’innovation, avec déjà 15 % de la recherche française (et un objectif à 25 % d’ici à 2030).

L’organisation d’un nouveau rendez-vous worldwide de tout premier plan à Paris-Saclay procède d’une double volonté : faire rayonner plus encore, et d’une manière inédite, l’apport scientifique mondial et inaugurer une nouvelle ligne de dialogue entre scientifiques, décideurs et politiques.

Rassembler un panel éclectique de scientifiques et d’consultants venus du monde entier. Vous présenter les nouvelles générations de chercheurs, dont les travaux bouleverseront nos certitudes à l’aune des dix, vingt, trente prochaines années. Débattre pour mieux appréhender les ressorts des révolutions qui s’offrent au monde et clarifier les principes éthiques fondamentaux que nous devons garder en tête comme fils rouges indispensables ! Voilà l’essence du Paris-Saclay Summit, Choose Science lancé par l’agglomération Paris-Saclay.

Dans cette atmosphère générale qui have a tendency de plus en plus à nier l’objectivité scientifique et à éloigner les plus jeunes générations des métiers de la recherche, de l’innovation et de la technologie, osons.

Osons porter ensemble l’ambition profonde et sturdy de redonner à la science la place éminente qu’elle mérite au service du progrès de l’humanité. N’hésitez plus, rejoignez-nous !

Rejoignez le parti de la science : les portes du premier Paris-Saclay Summit, Choose Science, les 29 février et 1 er mars, vous sont grandes ouvertes §

Au Paris-Saclay Summit, l’éthique des sciences en query

Paris-Saclay Summit. Choose Science, les 29 février et 1ermars à l’EDF Lab Paris-Saclay. Aux portes de Paris, au cœur du cluster Paris-Saclay, Le Point vous donne rendez-vous pour la première édition de son sommet dédié à la science et à l’innovation. Un événement pour comprendre et façonner l’avenir.

Parmi les nombreuses conférences, retrouvez :

Jeudi 29 février

14 heures

« Face à la crise climatique, la science doit-elle se réinventer ? »

« Qu’est-ce que la sélection végétale avancée ? »

16 heures

« La 6G peut-elle être sturdy ? »

Vendredi 1 er mars

14 h 45

« Implants cérébraux : la promesse folle de faire remarcher des sufferers paraplégiques »

« L’IA : démêler le vrai du fake pour améliorer la confiance du grand public »

16 heures

« Modifications génétiques, IA, vaccins : quand la science suscite des espoirs mais parfois inquiète »

https://www.lepoint.fr/sciences-nature/paris-saclay-summit-face-aux-inquietudes-la-reponse-est-dans-la-science-21-02-2024-2553106_1924.php