les 6 révélations chocs de Michael J. Fox dans son livre « Future Boy » | EUROtoday
Le 30 octobre dernier, Retour vers le futur fêtait les 40 ans de sa sortie dans les salles françaises. Quatre décennies, déjà… Pour la génération X, dont l’auteur de ces lignes est issu, il nous semble que c’était à peine avant-hier. Nous étions ados, Marty McFly était comme notre grand frère et son interprète, Michael J. Fox, 23 ans, campait jusqu’à la moelle toute la fougue, l’énergie, l’insolence de nos temps des premières fois. Sa fragilité et sa sensibilité aussi…
De l’incroyable comédie fantastique de Robert Zemeckis, immense succès en 1985 produit par Steven Spielberg, nous étions sortis enivrés par la musique virevoltante d’Alan Silvestri, éblouis par ce récit fou mené tambour battant, fascinés par la vrombissante DeLorean temporelle, hilares devant l’impayable duo comique formé par le naufragé temporel Marty et son allié Doc « Nom de Zeus ! » Brown…
Le fabuleux destin du movie s’est poursuivi bien après les multiplexes. Son implacable charme a conquis plusieurs générations de spectateurs (notamment en France grâce à une VF instantanément culte) et fait de ce petit chef-d’œuvre de blockbuster un doudou d’or, pour les jeunes de l’époque comme pour ceux du nouveau millénaire. Toutes ces émotions, figées intactes dans l’ambre de notre mémoire, vous exploseront au visage à la lecture de Future Boy, la formidable autobiographie sélective de Michael J. Fox, consacrée exclusivement aux coulisses rocambolesques de Retour vers le futur.
En librairie ce 19 novembre, ce retour de l’acteur vers son passé, ainsi que vers ce movie unbelievable – au script refusé 42 fois selon son coscénariste Bob Gale ! –, est un pur délice pour les followers. Aidé dans sa chasse aux souvenirs par ses collègues d’alors, le comédien de 64 ans, atteint depuis 1990 par la maladie de Parkinson, a su choisir les anecdotes les plus édifiantes, passionnantes et même touchantes pour nous replonger dans l’exaltation de cette aventure. Nous en avons sélectionné six parmi les plus éclairantes, mais, rassurez-vous, Future Boy en regorge par dizaines et sa lecture vous paraîtra aussi dynamique et rapide qu’une DeLorean cramant le bitume.
Tensions en coulisses entre Michael J. Fox et Lea Thompson
L’information est connue depuis longtemps : Michael Andrew Fox (« Michael J. » pour les feux de la rampe), alors principalement connu aux États-Unis pour son rôle du jeune Alex Keaton dans la sitcom Sacrée Famille, a débarqué en plein milieu des prises de vues de Retour vers le futur, en janvier 1985, pour remplacer au pied levé le rouquin Eric Stoltz dans la peau de Marty McFly. Viré par le réalisateur Robert Zemeckis et le producteur Steven Spielberg au bout d’un peu plus d’un mois de tournage, Eric Stoltz incarnait avec trop de sérieux McFly et son model mélancolique impactait tout le reste de ses partenaires.
Totalement différent de son confrère, dans le physique comme dans le jeu, Michael J. Fox n’a pas vraiment été accueilli avec bienveillance par une partie de l’équipe, qui s’était attachée à Eric Stoltz et vivait son éviction comme une injustice. Surtout pour un « transfuge d’une sitcom ». Lea Thompson, alias la jeune Lorraine Baines qui va littéralement draguer son futur fils Marty en 1955, ne cacha pas non plus sa déception.
La première scène tournée par Michael J. Fox et Lea Thompson fut celle où le McFly de 1985 se réveille dans la chambre de Lorraine en 1955 : « Lea Thompson et moi avons fait connaissance pour la première fois dix minutes avant de tourner cette scène. Lea se décrit comme étant « grincheuse » lors de nos présentations, une description fidèle de son humeur d’alors. Elle avait précédemment été à l’affiche d’un movie appelé Attention Délires avec Eric Stoltz […] Ils étaient devenus amis. Elle se sentait loyale envers lui, protectrice de son rôle dans le movie et amère quant à la façon dont il avait été remercié après six semaines de tournage de Retour vers le futur. Et moi, j’étais le récipiendaire de ces sentiments. »
Lui-même propulsé « sans aucune préparation » sur le plateau de Retour vers le futur, qu’il va tourner durant un mois en même temps que sa sitcom (en journée pour Sacrée Famille, la nuit pour le movie de Zemeckis), Michael J. Fox va mettre à revenue sa pratique de l’improvisation pour briser la glace avec sa partenaire. En suggérant une réplique plus drôle pour Lorraine, puis en chutant lourdement sans prévenir lorsque Marty tente d’enfiler à la hâte son pantalon, le petit nouveau va prouver sa valeur ajoutée comique et susciter d’emblée les rires de l’équipe. Lea baissera ses défenses, Robert Zemeckis, Gale et Spielberg sont alors rassurés : Retour vers le futur retrouve la route du really feel good film qu’ils cherchaient sans succès avec Eric Stoltz.
Retour vers le futur : l’inconceivable marathon
Dans Future Boy, Michael J. Fox revient avec une précision inédite sur l’inimaginable casse-tête du partage de son emploi du temps entre le tournage du movie et celui de la saison 3 de Sacrée Famille. Ces circumstances étaient non négociables pour Gary David Goldberg, producteur et créateur de la sitcom de NBC, qui avait accepté de « prêter » son poulain Fox à l’écurie Spielberg/Zemeckis uniquement si le calendrier de Sacrée Famille n’était pas impacté.
Entre le 15 janvier et le 11 mars 1985, le comédien fut donc soumis à une course folle, du lundi au vendredi, qu’il décrit dans le livre : le matin dès 9 heures, un chauffeur l’emmène alors dans les studios de la Paramount, où Sacrée Famille est produite et tournée, pour une journée de travail finissant à 17 heures. Quinze minutes plus tard, le script de Retour vers le futur sous le bras, Fox est trimballé fissa en voiture aux studios Universal, situés à trois quarts d’heures de route. Vers 19 h 30, début d’une soirée/nuit de boulot sur le movie, dont toute l’équipe doit s’adapter à la disponibilité uniquement nocturne de Michael J. Fox. C’est pas le pied ! Ambiance tendue…
Clap de fin vers 2 h 30 du matin, le forçat regagne son domicile vers 3 heures… pour être réveillé à peine quatre heures plus tard par le chauffeur qui l’emmènera sur Sacré Famille. Un jour sans fin… et fin du cauchemar le 11 mars, donc, quand la saison 3 de la série est bouclée et que Michael J. Fox peut enfin poursuivre Retour vers le futur à temps plein. Tic-tac…
Chaussures oubliées, Nike propulsé
Avec l’embauche de Michael J. Fox, c’est tout le look de Marty McFly qui est repensé. Son « jean foncé monochrome, sa chemise à carreaux grise et sa veste noire » lorsque Eric Stoltz l’incarnait, sont désormais remplacés par « quatre couches de couleurs, de textures et de motifs : un tee-shirt bordeaux en coton sous une chemise à carreaux à manches courtes, une veste en jean délavée avec une doublure à motif cachemire rose, un jean taille haute Guess et la désormais iconique doudoune orange foncé ». Une tenue plus flashy, pensée pour souligner l’originalité du personnage.
Les costumiers ayant oublié les chaussures de Marty McFly le jour de la séance d’essayage de Michael (planifiée deux jours avant sa première scène), ce dernier suggère alors d’utiliser la paire de baskets qu’il porte : des Nike modèle Bruin blanches, avec le fameux emblem en model rouge. Un model tout à fait McFly-compatible. Adjugé ! Ce sont donc bien ses chaussures que l’acteur porte dans le movie, à ce détail près que, par sécurité, plusieurs autres paires doivent être commandées par la manufacturing au fabricant…, lequel ne les fabrique plus !
Commercialisée en 1972, la Nike Bruin n’est plus à la mode et l’équipementier ne l’a plus en inventory. Il faudra toute la pugnacité du producteur exécutif Frank Marshall pour appeler sa seule connaissance chez Nike : le directeur du magasin de la marque, dans le quartier de Westwood. Ce dernier l’aiguillera vers la maison mère à Portland (Oregon), qui vient alors de créer une équipe de placement de produits. La patronne, Pam McConnell, va faire fabriquer et fournir vingt paires à la manufacturing sans la moindre contrepartie financière. Un vrai coup de poker pour Marshall, alors que la costumière n’avait initialement besoin que de 10 paires. Le reste appartient à l’histoire : grâce au triomphe de Retour vers le futur, la firme Nike sera plus que jamais catapultée dans l’air du temps, les Bruin redeviendront tendance et, en 2015, la marque a réédité le modèle pour les 30 ans du movie. Parfois, un oubli a du bon !
Le mystère de la guitare de McFly
C’est l’une des scènes clés du movie : à la fin du bal du lycée de Hill Valley en 1955, juste après que George McFly (Crispin Glover) et Lorraine Banes (Lea Thompson) se sont enfin embrassés, assurant ainsi l’existence future de Marty, ce dernier, guitare électrique en essential, se lance dans une reprise improvisée du tube « Johnny B. Goode » de Chuck Berry. Cet hilarant gag anachronique – la chanson n’allait être créée par le chanteur qu’en 1958 – fut aussi au cœur d’une controverse sur l’appropriation culturelle reprochée à Retour vers le futur, accusé de réécrire l’histoire de la création du rock’n’roll en l’attribuant à un jeune Wasp.
Toujours est-il que dans Future Boy, Michael J. Fox se penche surtout sur une véritable énigme : la disparition de la six cordes rouge vue dans ce passage devenu iconique : « J’aimerais pouvoir dire qu’elle est en ma possession, mais je dois admettre qu’à l’époque du tournage, j’ai manqué de aptitude. Je ne pouvais pas deviner combien elle allait prendre de la valeur », écrit-il, affirmant que l’instrument a bel et bien été volé en plateau.
« La valeur de ce memento filmique est énorme », poursuit-il. « Vu les sommes rapportées par les ventes de la Fender Stratocaster Blackie d’Eric Clapton, la Black Strat de David Gilmour ou une Gibson Les Paul de 1959 jouée par Jimmy Page et plus tard possédée par Jeff Beck, la Gibson ES-345 de Retour vers le futur (modèle Cherry Red – NDLR), pourrait facilement aller taper dans les sept chiffres, voire plus. » Et l’acteur de rappeler que le constructeur, décidé à retrouver sa (très) chère disparue, a même sponsorisé « un documentaire chroniquant la quête pour retrouver ma célèbre machine à rock and roll rouge. Ils n’ont pas encore remis la essential dessus : la sortie du documentaire dépend de la découverte de son existence et de son sauvetage ».
À noter que Michael J. Fox fut coaché durant plusieurs semaines par le guitariste professionnel Paul Hanson et que, pour la fameuse scène de solo, il joue « vraiment » en mode air guitar, en reproduisant tous les accords. Mais sur la piste sonore, ces derniers sont grattés en playback par un autre musicien professional : Tim May. Des années plus tard, le rockeur canadien Bryan Adams complimentera Michael pour son « attract de musicien ».
Crispin Glover (George McFly), un comédien ingérable
Michael J. Fox ne cache guère les tensions en plateau, nées d’un planning fou, pied au plancher, pour compenser les retards dus au renvoi d’Eric Stoltz. La star n’évite pas non plus l’autre sujet qui fâche : le caractère à la fois obsessionnellement professionnel et lunaire de Crispin Glover, l’interprète de George McFly.
Précédé par sa réputation de zinzin des plateaux, surdoué plus ou moins pénible, le jeune dégingandé va souvent échanger les passes d’armes avec un Robert Zemeckis à bout de nerfs, devant une équipe regardant le bout de ses chaussures en attendant que l’orage passe. « On ne peut pas se préparer pour Crispin », résume Michael J. Fox dans Future Boy « Avec Christopher Lloyd, j’avais une petite idée de ce qu’il pouvait être succesful de sortir […]. En tant qu’acteur de théâtre expérimenté, Chris était bien plus concentré sur le script. Je ne savais jamais ce que Crispin allait dire ou faire. Et je ne pense pas qu’il le savait lui non plus. »À LIRE AUSSI « Outrages » : les coulisses d’un tournage tendu entre Sean Penn et Michael J. Fox
Pour la scène où, alors qu’il étend du linge dans son jardin, George McFly refuse d’écouter Marty qui le supplie d’emmener Lorraine à la soirée dansante, Robert Zemeckis avait prévu un plan de déplacement très précis pour Crispin Glover devant la caméra. Ce dernier persistant à jouer en mode « cheval fou », l’un des machinistes fabriqua « un corral miniature avec des sacs de sable accrochés à des trépieds pour piéger Crispin et l’obliger à adhérer aux paramètres prévus pour la prise ». En somme, un véritable petit enclos pour cet artiste pur-sang incontrôlable.
Une star parmi les premiers followers
Toute la partie de Future Boy consacrée à la postproduction et à la sortie phénoménale de Retour vers le futur est à elle seule un petit bijou. Son tournage terminé le 26 avril 1985 après plus de 100 jours d’une cavalcade effrénée contre le temps, Retour vers le futur est montré trois semaines plus tard ( !) dans une model non finalisée, en projection take a look at publique à San Jose, puis au Hitchcock Theatre des studios Universal (Los Angeles).
Présent à la première, le producteur Spielberg est aux anges. Au générique de fin, se retournant vers Robert Zemeckis, Bob Gale et la coproductrice Kathleen Kennedy, il s’exclame : « Ça va faire un carton ! » Parole d’knowledgeable – en 1977, le cinéaste avait fait la même prédiction après une première imaginative and prescient de La Guerre des étoiles, de son ami Lucas. Michael J. Fox a quant à lui raté les projections checks de Retour vers le futur, à trigger du tournage d’un téléfilm Sacrée Famille à Londres. Mais il rentre à temps pour la sortie américaine du movie, fixée au 3 juillet.
« Quand je suis revenu à Los Angeles, j’ai retrouvé un monde différent de celui que j’avais quitté. Une limousine m’attendait devant l’aéroport », se souvient-il. L’acteur demande au chauffeur de le conduire au célèbre Cinérama Dome, où il s’infiltre incognito à une séance du soir – pleine comme un œuf – au fond de la salle, une fois les lumières éteintes : « Je suis allé m’asseoir derrière une femme blonde. Elle avait l’air de beaucoup apprécier le movie. Quand le générique de fin s’est mis à défiler, elle s’est tournée et, à ma grande shock, c’était Jodie Foster. »
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Le Kangourou du jour
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L’ex-actrice ado de Taxi Driver s’éclipsera aussi vite que l’éclair. Michael J. Fox lui emboîtera le pas. Il a adoré le movie – qu’il découvre alors pour la première fois – mais il sait, ce soir-là, que sa vie a basculé. La foule du Cinérama, ivre d’euphorie, puis bientôt celles du monde entier, va désormais fondre sur chacune de ses apparitions publiques. Grand manifeste pop-corn sur les choix (ou non-choix) qui peuvent changer le cours du temps, Retour vers le futur a bouleversé pour toujours l’existence de Michael J. Fox. Il a fait du rebelle malicieux Marty McFly le Future Boy de thousands and thousands de followers, conquis par la mythique trilogie à travers les décennies. Sacré movie. Et sacrée lecture !
« Future Boy : Retour vers le futur et mon voyage à travers le continuum espace-temps », de Michael J. Fox (Talent Éditions). En librairie le 19 novembre. 256 pages. 21,90 €.
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