Officiellement, ne lui parlez pas de rentrée : Bruno Le Maire a continué à travailler tout l’été. Il n’empêche. Au terme de trois semaines de vacances dans les Alpes puis dans sa maison du Pays basque, le déplacement du ministre de l’économie sur les hauteurs du lac d’Annecy (Haute-Savoie), jeudi 24 août, quarante-huit heures seulement après son retour dans ses bureaux parisiens, a pris des allures de discours de la méthode.
L’ex-Les Républicains (LR), qui entame sa septième année à Bercy, avait choisi pour sa première expression après l’été un format hors les murs inédit : une visite de l’entreprise familiale Fournier à Thônes (Haute-Savoie), propriétaire des marques de meubles de cuisine Mobalpa et Hygena, puis un discours centré sur les « priorités économiques de la rentrée ». Difficile, toutefois, de ne pas y voir une première tentative de se positionner sur la ligne de départ en vue de l’élection de 2027, à trois jours de la prise de parole d’un autre poids lourd du gouvernement, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui doit s’exprimer, dimanche 27 août, depuis son fief de Tourcoing (Nord), sur le thème des classes populaires. Bruno Le Maire assure en privé de sa bonne entente avec son ancien ministre du budget, dont il loue l’initiative. Tout en glissant à ses interlocuteurs qu’à aucun moment il n’est question que la majorité n’abandonne les catégories populaires.
Dans le vaste hangar de l’usine d’Alex (Haute-Savoie), où les dirigeants de Fournier vont investir 93 millions d’euros, Bruno Le Maire s’est ainsi offert une mise en scène digne d’un candidat en campagne. Estrade, bain de foule… Durant quarante-cinq minutes, il a défendu la politique du gouvernement et rappelé sa vision du pays pour les prochaines années devant un parterre acquis de plus de 350 personnes, chefs d’entreprise, salariés, élus et apprentis de l’industrie et de la restauration, et en présence de son homologue délégué à l’industrie, Roland Lescure.
« Combat contre l’inflation »
« Nos résultats économiques sont en béton. Depuis 2017, nous avons réussi à créer 2 millions d’emplois. Nous approchons du plein-emploi », s’est félicité le ministre, appelant à en finir avec le « pessimisme » et le « dénigrement national ». Alors que les projets de hausse de taxes se multiplient dans le cadre de la préparation du budget 2024, il a dénoncé « la petite musique qui laisse entendre que nous pourrions changer de politique, renoncer à notre politique de l’offre », et fustigé « le matraquage fiscal des entreprises, qui conduit en général au matraquage fiscal des ménages. »
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