Cette année 2025 aura au moins mis tout le monde d’accord sur une selected : certains disques ont tourné en boucle dans les oreilles de la rédaction. Rosalía a fait l’unanimité, Oklou a hypnotisé les sceptiques, Biolay et Bertrand Belin ont rappelé qu’ils jouaient dans leur propre catégorie, Miki a converti même les plus réfractaires, et Theodora a, semble-t-il, redéfini la vie nocturne de plusieurs immeubles.
Après moult consultations, la rédaction du Point a donc livré ses tops musicaux avec la sobriété qu’on lui connaît. Alice Durand, la plus jeune et mélomane d’entre nous, a insisté pour inscrire Blasé au patrimoine immatériel de l’Unesco.
Fabrice Dupreuilh, lui, a commencé l’année en fredonnant Biolay avant de s’égosiller sur Miki, et il n’est toujours pas rassasié. Il possède désormais tellement de vinyles qu’il a dû signer un partenariat éditorial avec un garde-meubles.
Olivier Ubertalli a zigzagué entre la Bretagne électronique de Belin, les envolées symphoniques de Rosalía et son espoir tenace de voir Radiohead ressusciter (il y croit plus fort que François Hollande à son retour à l’Élysée).
Grand manitou du Point Pop, Philippe Guedj est resté scotché depuis son adolescence au bon vieux exhausting rock old style qui tache… et l’assume complètement. Une constance qui pressure le respect (ou l’inquiétude). Une likelihood (pour lui !) : le style respire encore de plus belle en 2025.
Claire Boullis-Kauffmann, de son côté, a imposé un régime sévère à son immeuble : Olivia Dean pour illuminer les journées, FKA Twigs pour exorciser les nuits.
Jérémy Maccaud, lui, a passé l’année à convertir la rédaction au steel avec le zèle d’un missionnaire. On l’a vu tenter d’expliquer les vertus apaisantes du scream à la machine à café : sans succès, mais avec une persévérance admirable.
David Doucet, lui, avoue enfin avoir contribué au financement de la villa de Booba à Miami through Spotify. Que fait la fee de déontologie ? Une enquête interne a été ouverte (par ses collègues).
Quant au reste de l’équipe, elle a survécu tant bien que mal aux refrains collés au cerveau et aux pas de danse discutables causés par Theodora. Une année 2025 brillante, épuisante, mais surtout très, très sonore.
Le high d’Alice Durand
1) Blasé, Blablabla
2) Theodora, Mega BBL
3) Little Simz, Lotus
4) Oklou, Choke Enough
5) Turnstile, Never Enough
Longtemps, je n’ai cessé de naviguer entre les genres, cherchant un artiste qui satisferait enfin mes goûts éclectiques dans une seule et même œuvre. Cette année, Blasé a réussi. Son album Blablabla, sorti en mai, navigue entre l’anglais et le français dans un mélange cohérent de pop, hip-hop, disco, funk, jazz, new wave et même de cumbia. Plus soucieux des ambiances que des textes, il signe avec Blablabla un disque qui s’écoute partout, tout le temps. L’autre révélation de l’année est évidemment Theodora, artiste innovante, captivante et surtout not possible à éviter en 2025. Avec son album Mega BBL, elle installe sept titres (dont un de mes préférés, « Zou Bisou ») dans le high 50 français, un document pour une artiste féminine. Impossible non plus de ne pas mentionner la Poitevine Oklou et son album Choke Enough, récompensé au Prix Joséphine. L’artiste nous a bercé tout au lengthy de l’année par ses sonorités fluides, entre ambient et hyper pop wise.
Plus personnel, Lotus de la britannique Little Simz m’a particulièrement touchée. La rappeuse s’en trouve particulièrement émouvante sur « Free », « Peace » et le titre éponyme « Lotus ». Enfin la dernière découverte, la plus récente et pas des moindres, fut celle des Californiens Turnstile, nouvelles figures du punk, fulgurants sur leur dernier album Never Enough. Entre des guitares percutantes et des claviers aériens, le groupe envoûte pendant 45 minutes. Mais rien ne vaut leurs live shows chaotiques où les membres du public sont invités à monter sur scène, pour sauter continuellement… les uns sur les autres.
La chanson que j’ai le plus écoutée : « Bliss » de Tyla. Un gros plaisir coupable, je le reconnais, mélange d’afro-R & B et d’une pop légère qui offre une expérience courte, fluide et addictive, bien difficile de ne pas la jouer en boucle – et idéale pour les jeunes romantiques !
La chanson que je ne supporte plus : « Soleil bleu » de Bleu Soleil. Autant dire que je ne l’ai jamais supportée.
Ma révélation : L’artiste Damian Dalla Torre, compositeur, producteur et multi-instrumentiste italien, dont l’album de drone ambient I Can Feel My Dreams, sorti en juillet 2024, est particulièrement doux. Il m’a accompagnée toute l’année.
Mon plaisir coupable : Mes voisins m’ont sûrement aperçue cet été me déhanchant en maillot de bain sur « Baddies » d’Aya Nakamura. Je ne m’en excuse pas !
Le high de Fabrice Dupreuilh
1) Benjamin Biolay, Le Disque bleu
2) Black Honey, Soak
3) Cœur de pirate, Cavale
4) Miki, Industry Plant
5) Jessica Winter, My First Album
Reste-t-on à jamais fidèle aux sons qui ont bercé notre adolescence ? Force est de constater que le « schnock » que je suis n’a jamais coupé le cordon avec ses vieilles amours musicales du passé. À commencer par Benjamin Biolay, le king de la chanson française, dont Le Disque bleu m’a presque happé avec la même intensité que Grand Prix il y a cinq ans. Les Anglais de Black Honey et la voix d’Izzy Baxter ont, eux, ressuscité chez moi le journaliste en herbe qui coinçait ses CD de Garbage dans son discman (paix à son âme !), pour arpenter la cour de la caserne où il faisait ses courses.
Cœur de pirate me touche, pour la première fois, avec un album mélancolique qui emprunte les nappes synthés des années 1980 (formidable « Laisse-moi pleurer »), sans jamais sacrifier les pianos-voix (superbe « Pensées intrusives ») et la beauté des textes. Miki est l’ingrédient tout frais de cette liste, en boucle sur ma platine vinyle (évidemment !). À 26 ans, elle offre des couleurs criardes et réjouissantes à la pop française, sans s’éloigner totalement de la voie ouverte il y a plus de quarante ans par Éli & Jacno. Pour finir, My First Album de Jessica Winter, artiste pop expérimentale, a réussi à se hisser dans les disques que j’ai le plus écoutés cette année, peut-être parce qu’il convoque ici un peu de David Bowie, une pincée de Kylie Minogue et un soupçon d’Elton John, recette idéale pour ne pas sombrer.
La chanson que j’ai le plus écoutée : le single « Dopamine » de Robyn, illustre représentante de la pop suédoise, qui pourrait bien annoncer la sortie d’un album en 2026, huit ans après Honey.
La chanson que je ne supporte plus : « Soleil bleu » de Bleu Soleil, dont les vibes reggae ont commencé à m’irriter dès l’été évanoui.
Ma révélation : les Canadiens d’Austra, portés par la voix de Katie Stelmanis, qui se définit comme un groupe de « pop électronico-dramatique ». C’est through leur cinquième album Chin Up Buttercup, sorti en novembre, que j’ai plongé dans ce combine savoureux de Björk, Kate Bush et Goldfrapp.
Mon plaisir coupable : « Comme Jean Reno », tirée du dernier album de la singulière Flora Fishbach, avec en bonus (ou pas ?) la voix de l’acteur qui stability son texte (non, non, il ne chante pas !) comme une réminiscence des années 1980, sur fond de synthés.
Le high d’Olivier Ubertalli
1) Bertrand Belin, Watt
2) Rosalía, Lux
3) JID, God Does Like Ugly
4) Heartworms, Glutton for Punishment
5) Ella Eyre, Everything, in Time
Je suis tombé dans la marmite du rock indie en 1991 avec les Pixies et Bernard Lenoir sur France Inter. Vous comprendrez que mon année 2024 ait été marquée par le retour des Irlandais de Fontains DC. Cette année, je suis redevenu un boulimique de musique éclectique. J’oublie d’ailleurs souvent de ranger ma chambre et ma musique. Je me réveille le matin avec un Köln Concert de Keith Jarett, un Kompromat de Rebeka Warrior et Vitalic, un « Cell Therapy » de Goodie Mob, un titre de mon groupe Madskills, la suite pour violoncelle de Bach par Rostropovich ou l’album entier Daydream Nation de Sonic Youth.
Mais s’il y a un artiste qui m’est allé droit au cœur en 2025, c’est Bertrand Belin avec son huitième album, Watt. Je jouais encore hier au piano son magnifique « Certains jours ». Pour moi, Belin représente plus que jamais l’héritier de Bashung avec une poésie chantée qui vole au-dessus de la mêlée. Ma deuxième claque est plus évidente. Deux ans après l’éclectique Motomami que j’avais chroniqué ici. Rosalía revient avec une bombe de Lux, accompagnée par le London Symphony Orchestra. Cet album me rappelle les expériences inoubliables d’Homogenic de Björk, invitée de marque de la Catalane. J’avoue avoir déjà vibré sur le missile « Berghain » au moins vingt-neuf fois. Côté rap, je suis heureux de sortir de ma zone de confort grâce à mon fils de 16 ans qui m’a fait connaître JID. Dans God Does Like Ugly, le rappeur d’Atlanta décrit le passé, le présent et le futur de sa ville, sur des beats sombres et sinueux. Quel circulate avec Clipse sur « Community » !
Fidèle de PJ Harvey et Liz Phair (écoutez Exit from a Guyville de 1993 qui répond au Exit on Main Street de 1972 des Rolling Stones), j’ai été conquis par Heartworms, qui a débarqué chez moi avec sa guitare et sa fureur. Son Glutton for Punishment a la noirceur qui sied à un premier album post-punk viscéral. Puis le soleil est apparu dans ma vie avec Ella Eyre. Sa voix rauque distinctive réveille en moi le doux memento d’Amy Winehouse, et l’envie d’une soul rafraîchissante. Grâce à elle, mon année musicale se termine sur une observe d’espoir : puisse la reformation de Radiohead pour des live shows européens se transformer en nouvel album du groupe en 2026 ! Eh oui, encore et toujours le rock indie.
La chanson que j’ai le plus écoutée : « Conceited » de Lola Young. Certes, le titre date de 2024. Mais quel punch avec cette voix tantôt grave tantôt aiguë qui file tout droit.
La chanson que je ne supporte plus : n’importe quel titre de Jul. Il est temps de se renouveler !
Ma révélation : Joshua Idehen, poète et chanteur britannique d’origine nigériane, dont le premier album kind en mars 2026.
Mon plaisir coupable : « West », de Klon, une chanson en duo en la mineur parfaite pour le spleen.
Le high de Philippe Guedj
1) Mammoth, The End
2) Buckcherry, Roar Like Thunder
3) Fun Lovin’Criminals, A Matter of Time
4) The Darkness, Dreams on Toast
5) The Dead Daisies, Looking for Trouble
C’est un soir d’hiver 1989, en janvier… ou février ? Peu importe. Il fait nuit, il fait froid, mes tympans ont faim. Ils sont prêts. Après avoir adulé Dire Straits, Queen et Peter Gabriel à 15 ans, découvert Def Leppard à 16, me voilà, au mitan du dix-septième printemps, à quelques secondes du basculement ultime dans les bras du dieu exhausting rock. L’heure oscille autour de 23 heures. Dans ma chambre de lycéen, cette sainte nuit-là, zappant d’une station FM à l’autre sur mon transistor en quête de sons électriques, je tombe sur l’éphémère et mythique émission Doum Doum Wah Wah, animée par Moullec et Pustule sur RMC. Un peu l’équivalent, en plus confidentiel et foutraque, de la grande Wango Tango de Zegut, establishment dédiée au rock dur sur RTL.
Je ne connais pas Doum Doum, le ton déconneur des animateurs me séduit d’emblée… et, sans crier gare, voilà-t-y pas qu’ils me dégainent « You Really Got Me », la tranchante reprise par Van Halen du tube sixties des Kinks. Terre inconnue. Choc. Exultation. Le chant malicieux et sexué de David Lee Roth me pétrifie, le son de la guitare Frankenstrat d’Eddie VH me foudroie… Je serai possédé à jamais par cette satanée musique. Un an plus tard, la découverte de l’album Back in Black, d’AC/DC, parachèvera l’épiphanie.
Avance (très) rapide jusqu’en 2025. L’ado est devenu quinqua, il a tâté divers autres kinds soniques, les a souvent appréciés mais aucun n’a jamais brisé son lien éternel aux formules basiques des grands maîtres du exhausting rock. Et cette année, n’en déplaise aux allergiques, le style a encore prouvé qu’il palpitait toujours. Témoin cet énorme The End du groupe Mammoth (fondé par… Wolfgang Van Halen, fils d’Eddie !) : un troisième album qui porte bien mal son nom, tant des tueries intersidérales comme « I Really Wanna », « Better Off » ou encore « Something New » annoncent un avenir radieux au exhausting rock mélodique tel que je l’ai toujours aimé. Et que dire de Buckcherry, increvables soldats de la distorsion depuis un quart de siècle, accoucheurs de titres fabuleux sur leur nouveau LP Black Butterfly : goûtez-moi les furieux et enlevés « Rescue Me », « Fallout », « Talk to Me » ou « Imminent Bail Out », merveilles d’énergie rythmique et d’efficacité rock, vous m’en direz des nouvelles.
L’année exhausting rock classique en 2025, ce furent aussi les come-back en grande forme de The Darkness et The Dead Daisies… Oldies however goldies, comme disent les anciens ! Et comme je ne suis pas une forteresse, j’ai même glissé une infidélité à ma ardour steel dans ce high : A Matter of Time, réjouissant nouveau disque des Fun Lovin’Criminals, qui n’ont rien perdu de leur groove rock-funk-pop-disco, avec quelques fulgurances électriques. En 2025, j’ai égaré depuis bien longtemps mon transistor de lycéen… mais la hint de mon amour des exhausting rockers, elle, ne s’effacera jamais.
La chanson que j’ai le plus écoutée : « Back in Black », d’AC/DC. Le plus grand morceau de metal-hard rock-rock-musique tous genres confondus de l’histoire de l’humanité. Si.
La chanson que je ne supporte plus : « What’s Up ? », des Four Non Blondes (en réalité, je ne l’ai jamais supportée).
Ma révélation : Yungblud. Le futur du combine rock-hard rock-pop, c’est lui. Son troisième album, Idols, sorti cette année, suggest un poil trop de balades à mon goût, mais quand il kind la sulfateuse, ce garçon a un expertise de dingue. En 2025, il irradie aussi de grâce fougueuse sur le MAGNIFIQUE single « My Only Angel », chanté avec les papys d’Aerosmith, écoutable sur leur réjouissant EP en commun, One More Time.
Mon plaisir coupable : Ex aequo : « Eye of The Tiger », de Survivor, et « Spacer », de Sheila. Mais pourquoi coupable, en vrai ?
Le high de Claire Boullis-Kauffmann
1) Rosalía, Lux
2) Olivia Dean, The Art of Loving
3) Theodora, Mega BBL
4) Jon Batiste, Big Money
5) FKA Twigs, Eusexua
Cette année musicale nous aura offert son lot de découvertes et de pépites ! En tête de mes préférences : Lux de Rosalía, un chef-d’œuvre qui marie avec brio musique classique et pop contemporaine. C’est bien easy : la quasi-totalité des morceaux de l’album a atterri dans mes « Favoris », et je guette désormais ses dates de live shows… Clin d’œil à la chanson « Sauvignon blanc » : après l’avoir fait écouter au duo français Justice, la chanteuse espagnole a dû la réenregistrer automobile elle prononçait le « c » remaining !
Dans un tout autre type, Olivia Dean, avec The Art of Loving, nous replonge dans la soul des années 1970. Son album respire la nostalgie avec sa voix chaleureuse et ses preparations rétro qui font du bien. Un voyage dans le temps bien ficelé.
Mega BBL de Theodora mérite sa place pour son audace et sa fraîcheur. L’album assume pleinement son côté décalé et apporte une touche d’humour et d’originalité que j’ai énormément appréciée. Big Money de Jon Batiste délivre une énergie jazz-funk communicative. Difficile pour moi de ne pas bouger sur ce rythme entraînant ! Enfin, le très techno Eusexua de FKA Twigs clôture ce classement. Expérimentale et avant-gardiste, l’artiste britannique m’embarque dans une boîte de nuit crado où l’on danse pour exorciser ses démons – et pas seulement ceux de minuit.
La chanson que j’ai le plus écoutée : « Melodrama », de Disiz et Theodora, pour son chorus diablement efficace. Si vous n’avez pas encore « shazamé » ce « son », c’est carrément un « méli-mélo drame ».
La chanson que je ne supporte plus : « Messy », de Lola Young. Le titre est entraînant et les paroles fortes. Hélas, le morceau a été tellement surexploité sur les réseaux sociaux qu’il est désormais difficile de l’écouter sans un brin d’agacement.
Ma révélation : L’époque du disco vous manque ? Sortez vos meilleurs pas de danse avec Antoine Bourachot. Son morceau « Sailing Away » met le cap sur la chaleur estivale. Tout son EP, Expand, sorti au mois de mai, est un régal groovy.
Mon plaisir coupable : Comme le chantait si bien Michel Berger : aucune musique au monde ne saura remplacer « Quelques mots d’amour ». La chanson date de 1980, certes, mais elle est intemporelle.
Le high de Jérémy Maccaud
1) Deftones, Private Music
2) Queens of the Stone Age, Alive within the Catacombs
3) Turnstile, Never Enough
4) Darkside, Nothing
5) Deafheaven, Lonely People with Power
Musicalement, 2025 est une année paradoxale, à la fois extrêmement riche en sorties et en découvertes, mais qui manque à mes yeux de « no skip », ainsi que l’on surnomme ces productions où l’on n’a rien envie de jeter. Heureusement, Deftones est là. Avec Private Music, les pionniers du néo-metal nous ont offert un dixième album des plus solides, avec un chanteur, Chino Moreno, qui a retrouvé toute la fougue de ses premières années. Plus je l’écoute, plus je l’aime.
Alive within the Catacombs divise davantage : cette réorchestration des Queens of the Stone Age, enregistrée dans les circumstances du reside dans les catacombes de Paris, est moins convaincante à la première écoute. Mais en l’abordant avec l’incroyable histoire qui entoure le projet – que Le Point a pu vous raconter – l’œuvre prend une tout autre dimension et s’apprécie enfin à sa juste valeur.
En troisième place : Never Enough. Ici, Turnstile preserve ses racines hardcore tout en s’affirmant davantage comme un groupe de plus en plus grand public, plus abordable. Les followers de la première heure hurlent au scandale et il est vrai que le résultat est plutôt inégal. Reste un album efficace et énergique, qui file la patate à chaque fois. Pour Nothing, le duo de compositeurs Darkside (Nicolas Jaar, Dave Harrington) s’est mué en trio avec l’arrivée d’un nouveau membre, Tlacael Esperanza. Résultat : un album électro expérimental, pas forcément cohérent, mais ô combien séduisant.
Pour conclure ce classement, j’aimerais évoquer les indescriptibles Deafheaven. Parle-t-on de « post-metal », de « black steel » ou de « shoegaze » ? Peu importe : c’est sombre, c’est énervé et ça crie. Lonely People With Power n’est définitivement pas à mettre dans toutes les oreilles, encore moins pour les allergiques du « scream ». Mais il fait partie de ces curiosités vers lesquelles on ne peut s’empêcher de retourner, happé par l’un des nombreux univers différents de ce groupe, pour finalement s’y abandonner totalement.
La chanson que j’ai le plus écoutée : « Never Enough » de Turnstile. Plus qu’un tube entraînant qui a marqué l’arrivée des beaux jours, un hymne qui nous ramènera à jamais à cet été 2025.
La chanson que je ne supporte plus : « Kongolese sous BBL » de Theodora. Pas mon type, pas mon délire. Il y a des hype qu’on ne comprendra jamais.
Ma révélation : Chappell Roan. Son album et son expertise ont été découverts bien avant 2025, mais c’est cette année que la France a pu la découvrir sur scène, à Rock en Seine. Un spectacle grandiose pour l’un des meilleurs live shows de l’année, tout simplement.
Mon plaisir coupable : Addison Rae. Son premier album, Addison, est un petit bonbon qui prouve au monde entier que l’ancienne star de TikTok a parfaitement réussi sa reconversion en pop star. Sur scène, malgré un faible nombre de titres à défendre, difficile de ne pas voir en elle une future Britney Spears. Rien que ça.
Le high de David Doucet
1) Oklou, Choke Enough
2) Rosalía, Lux
3) Theodora, Mega BBL
4) Benjamin Biolay, Le Disque bleu
5) Miki, Industry Plant
Ayant grandi entre Le Blanc-Mesnil et Sevran, à l’époque où le rap français – et Booba surtout – explosait, ma formation musicale s’est faite dans les wagons du RER. « Ma jeunesse a la couleur des trains… RER C », clamait le Duc de Boulogne : la mienne avait plutôt les couleurs du B, mais l’idée est là. Ses disques ont accompagné toutes les épreuves de ma vie, et quand je regarde chaque année mon Wrapped Spotify, je réalise que j’ai probablement financé quelques briques de sa villa à Miami. De cet héritage, j’ai gardé une ardour intacte pour le rap français.
Mais s’il a longtemps occupé seul le haut de l’affiche, 2025 aura dévoilé un paysage différent. L’année a été moins flamboyante côté rap masculin, tandis qu’un formidable vent de fraîcheur soufflait ailleurs : des artistes féminines, au confluent du rap, de la pop et du RnB, ont littéralement redessiné l’horizon.
Lors d’une interview, Benjamin Biolay me confiait qu’à ses débuts « il n’y avait qu’Édith Piaf comme modèle féminin », et que c’était « assez fou de voir aujourd’hui le nombre de nouvelles têtes qui émergent chaque mois ». À commencer par Theodora, grande révélation de l’année, qui a conquis la France entière avec un cocktail irrésistible de rap, de pop et de bouyon afro-caribéen.
Il y a aussi l’incroyable Oklou, star internationale que la France n’a pas vu venir comme nous le racontions dans une enquête en début d’année. Sa pop liquide, intime et futuriste trouve dans Choke Enough son level d’orgue : un disque-monde qui prolonge la trajectoire d’une artiste ayant bâti depuis Poitiers un univers totalement fascinant. Elle est désormais partout : en une de Pitchfork, sacrée au prix Joséphine, et désormais à l’affiche du prochain Coachella…
Autre nom devenu indispensable et dont on vous a beaucoup parlé dans Le Point : Miki. À 26 ans, elle incarne l’une des promesses les plus passionnantes de la pop contemporaine. Et c’est assez fou de voir remark elle a su renverser le stigmate et transformer en manifeste les attaques violentes et injustes dont elle a été la cible. Avec Industry Plant, elle a signé l’un des plus beaux disques de la pop francophone récente.
Enfin, not possible de ne pas saluer le retour impérial de Rosalía et celui magistral de Benjamin Biolay, qui confirme – s’il fallait encore le faire – sa place parmi les très grandes voix de la chanson française.
La chanson que j’ai le plus écoutée : « Nwar Mentality », de Roni0block et Booba (idéal quand on a envie d’abandonner : le sport, la vie… ou toute phantasm de productivité après la cinquième réunion de la journée).
La chanson que je ne supporte plus : « Sois pas timide », de Gims (je suggest officiellement un moratoire de dix ans, pour notre santé mentale collective).
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Le Kangourou du jour
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Ma révélation : Asfar Shamsi, qui chante aussi bien qu’elle rappe… sauf quand elle me pressure à replonger dans le traumatisme de la finale de la Coupe du monde 2006. J’étais bien, j’étais en paix. C’est moche de faire ça. Et puisqu’on parle de nouveaux visages, retenez celui de Joe la panic, autrice, compositrice et DJ de 24 ans, originaire de Montpellier, qui raconte les désenchantements amoureux et le quotidien d’une génération système D avec malice. 2026 sera son année (vous l’aurez lu ici en premier).
Mon plaisir coupable : « Masoko Na Mabele », de Theodora et Thisizlondon (tellement efficace que ça me fait danser… ce qui, objectivement, n’est pas une bonne nouvelle pour mes voisins).
https://www.lepoint.fr/culture/les-albums-preferes-de-la-redaction-du-point-en-2025-et-des-voisins-qui-n-avaient-rien-demande-07-12-2025-2604851_3.php